samedi 23 septembre 2017

Kirghizistan

Un passage court mais intense !

Dès le poste frontière le ton est donné, sourire et plaisanterie du douanier : 
- We are King Richard ?
- Yes ! It’s me ! Diplomatic passport !… 
suivi d’un sursaut, d’une vérification immédiate et d’un bel éclat de rire.

Décontractés, nous prenons la route qui longe la rivière Talas vers la réserve d’eau et 
découvrons un grand barrage hydroélectrique construit sous Lénine. Son portrait taillé sur 
le flan de la montagne se dessine au loin et fait face à une grande fresque sculptée sur le 
bord de la route de l’autre côté du barrage. 

Un camping sur ce plan d’eau est le bienvenu pour notre première nuit au Kirghizistan.

Nous roulerons pendant 2 jours avant de trouver un petit village pour le ravitaillement. 
A Tallas nous avons repéré une guesthouse, et on se laisse aller à rêver d’une douche 
chaude. Erreur..! Nous arrivons chez des particuliers surpris, mais ils se mettent en quatre 
pour nous trouver un lieu où dormir...  se sera sans douche... Le lendemain ils restent à 
notre disposition pour nous accompagner au bazar afin de trouver un drapeau Kirghiste…
Sur leurs conseils nous irons visiter le site de Manas, son musée de l’histoire de cette 
région, et la ronde des statues…

Puis nous prenons la route des cols… Les paysages de montagne, les hordes de chevaux,
les troupeaux de moutons, et les yourtes deviennent notre décor. Nous sommes surpris 
de l’accueil qui nous est réservé par des habitants fiers de leur mode de vie nomade qu’ils 
aiment faire découvrir.
Le 21 juin, l’orage menace, à 2600m d’altitude, difficile de trouver un coin pour poser les 
tentes. Près d’une yourte, des enfants jouent et nous font signe de venir… en quelques 
instants, malgré le barrage de la langue, nous nous trouvons invités à passer la soirée avec 
toute la famille : nous partageons le repas, participons à la traite des juments, et 
dormirons au chaud, à l’abri du froid et de l’orage dans leur yourte… 
                            Bon anniversaire Bernadette ! Au revoir les amis !





Nous franchirons les 700m de dénivelé positif vers le premier col lentement, tantôt sur 
nos machines tantôt les poussant, admirant les sommets enneigés aux alentours. 
La passe de Otmok franchie!! Nous descendons peu, quelques kilomètres avant le 
deuxième col, le bivouac juste posé, nous essuyons un gros orage.
Sur les réseaux sociaux circule une mise en garde pour le deuxième col : 
«route dangereuse et très difficile», pour cause : 900M de dénivelé positif sur 9Km.. ! avec 
un tunnel de 2,5Km qui est interdit aux piétons et cyclistes… car n’étant pas ventilé il y a 
un très gros risque d’asphyxie. En Asie centrale on ne laisse jamais une personne très 
longtemps sur le bord de la route. Nous décidons donc de faire de l’autostop; nous 
n’attendrons même pas 15 minutes avant qu’un camion rempli de pommes de terre nous 
embarque. Durant l’ascension nos regards se croisent souvent… «Heureusement que nous 
sommes dans ce camion qui a bien du mal à passer la deuxième vitesse ! »  





A la sortie du tunnel, nous retrouvons nos vélos… et entamons une belle descente (digne 
d’un circuit de voiture pour enfant) qui longe le torrent sur 80Km à travers un désert de 
pierres roses et vertes.

Dans la montagne Kirghiste, pas une journée sans une invitation à boire le thé, ou à 
partager un moment de convivialité… pur bonheur ! 

Nous arrivons à Bichkek comblés et sous le charme, bien frustrés de n’avoir pas pu 
échanger davantage avec les Kirghistes si accueillants…



  
                                                               

samedi 29 juillet 2017

L’ Ouzbékistan… un pays en « stan » !


 
A Beyneu, les douaniers nous accompagnent comme une délégation ministérielle pour monter notre caravane en toute « sécurité » dans le train qui nous conduira à Urganch… installés dans un boxe couchette ouvert, l’ambiance est bon enfant : les marchands nous réveillent en nous présentant leurs poissons fumés à 10cm du nez, d’autres nous chatouillent les pieds nous proposant « change » ou boissons, chacun assurant son busines une grande partie de la nuit. Ce qui nous ravit… Les contrôleurs décontractés viennent plaisanter dans chaque loge, et une ½ heure avant l’arrivée nous réveillent en douceur, nous mimant ce que nous devons faire… A l’extérieur, les paysages de la steppe inhospitalière défilent…  en début de soirée nous arrivons à Urganch !!
Direction l’Oasis de Khiva, nous traversons des cultures de riz et de coton irriguées par un labyrinthe de petits canaux sur plusieurs kilomètres, à la recherche d’un bivouac.
Cachée derrière sa muraille Itchan-Kala, est majestueuse, dans un dédale de ruelles plusieurs mosquées et grandes médersas devenues musées ou hôtels restaurants, et minarets, tous finement décorés de majoliques. Nous découvrons au Nord son puits précieux pour les nomades d’autrefois, mais aussi et surtout ses habitants souriants et accueillants !
 
 

Le désert entre Khiva et Navoï nous le ferons (aussi) en train de nuit, quand on aime on ne compte pas… Nous voyageons aussi parfois à vélos ! Nous reprendrons nos montures pour continuer sur les petites routes, où nous sommes souvent arrêtés pour des selfies, on nous offre des galettes, de l’eau, du pain, l’hospitalité… des sourires et des encouragements…

Nous découvrons l’authentique Boukhara, avec ses ruelles sinueuses se faufilant entre les maisons pour arriver au milieu de bâtiments grandioses : ensemble de Médersas, de vieilles mosquées et de coupoles marchandes avec jardins, plans d’eau… et la citadelle Arc. Surprenant !

Encore quelques jours, et nous voici à Samarkand qui brille sous le soleil : depuis la place du Réghistan et ses Médersas, la mosquée Bibi-Khanoum, le mausolée Guri-Emir et l’ensemble des 11 mausolées Chaki-Zinda, à l’observatoire d’Ulug-Bek !

Nous découvrons un monde inconnu qui nous surprend tant sur le plan architectural qu’humain !

Nous continuerons notre route vers Tachkent, où nous ferons une petite pause…

 Nous bivouaquons comme des marchands sogdiens  : parfois, dans une rizière sous une tonnelle d’ouvriers… dans le coin détente d’un fermier où toute la famille viendra s’assurer que nous avons de quoi manger et où nous installerons notre lit dans l’auge en torchis servant à la récolte des abricots sous un ciel étoilé, … au milieu des troupeaux de moutons ou de vaches, sous la surveillance des bergers… sur des « topchans »… toujours accueillis avec gentillesse… les nuits sont parfois courtes !

Nous pédalons en short et tee-shirt ! Sous 45°C ! Et quand le soleil est au zénith, nous nous réfugions à l’ombre pour une sieste…
Quel plaisir d’avoir pu découvrir ce pays authentique loin des idées préconçues … !


 
 
 

                                    

 

samedi 17 juin 2017

Le Kazakhstan… pays des mirages


 

30h de « croisière » sur le Mercuri -1, nous accostons le 29 Avril 17 à 23H à Aktau… les contrôles douaniers se suivent et nous voilà enfin dans la ville, direction le petit hôtel situé à 15km… une formalité !
 Créée en 1961, la ville de “Shevchenko “ du nom du Poète est gagnée sur le désert, elle deviendra Aktau « montagne blanche » en 1994… Nous allons devoir nous acclimater au vent sec, au sable chaud, à la chaleur ambiante, au peu de végétation… nouveau pays, nouveau paysage… et nouvelles rencontres !

Simone nous rejoint pour faire Aktau Almaty, nous allons la chercher en taxi à l’aéroport le 2 mai en fin de soirée. Après des retrouvailles chaleureuses, tout le petit monde, et le matériel trouvent sa place à la manière Tétrix dans le Renault Sandéro… la nuit sera courte !

Remontage du vélo de Simone, découverte de nos vêtements offerts par Décathlon Morlaix, sacoches refaites, vêtements d’hiver mis en cartons, nous voilà prêts pour le jeu de piste qui nous mènera au bureau de l’immigration où nous croyons devoir nous enregistrer. Là, nous y ferons une belle rencontre : Sérik ! Encore un ange gardien ! Devant se rendre à Almaty, il nous propose de déposer le colis et le sac de transport du vélo de Simone à l’Institut Sorbonne d’Almaty. Le tout repartira avec elle en France.
 
 
Merci Serik !
                      
 

Nous quittons Aktau vers l’Est et très vite l’horizon se dessine à perte de vue… la route est une longue ligne droite plate à l’infini. A l’horizon, de l’eau? Notre premier mirage !

Nous traversons notre premier désert, 500Km. Une semaine par des températures avoisinant les 40° avec un vent chaud du sud à 30Km/h soufflant en rafale à 40, parfois notre ami… ! Notre première expérience dans la steppe est concluante et rassurante pour la suite de notre voyage. À notre grande surprise nous y faisons de belles rencontres, nous ne comptons plus les voitures, camions qui s’arrêtent pour nous proposer leur aide, nous donnent systématiquement une bouteille d’eau, et cela finit toujours pareil : les Casaques adorent les selfies, on se prête au jeu, parfois on a l’impression d’être des stars….  Nous pourrions croire qu’il n’y a rien à voir dans un désert et pourtant pour les Européens que nous sommes, c’est magnifique..!  Parfois le matin nous avons la chance d’être réveillés par le blatère des Dromadaires, ou par le galop des chevaux, petit déjeuner magique… !
 
petit déjeuner magique
 

Et voilà Beyneu où nous avons rendez-vous avec le train pour Urgansh en Ouzbékistan ! Eh oui, il en est fini de l’insouciance de l’espace Schengen, nous devons respecter la durée de nos visas. Sur le quai, toute la douane est mobilisée pour nous aider à monter notre caravane dans le train de nuit…

 
En toute sécurité!
                                 

   
                    
                  

mardi 2 mai 2017

Merci Baku


Bien installés dans notre couchette en première classe, SVP, nous franchissons la frontière vers 19heures. Ce train s’arrêtera dans toutes les gares même quand il n’y en a pas, et malgré tout nous dormirons comme des bébés … au petit matin nous approchons de Baku !

Départ de la gare de Tbilisi
 
Au réveil nous découvrons un désert plutôt plat, où seuls les derricks et les wagons de pétrole animent le paysage. Et enfin la belle gare toute neuve de Baku… pas de train en attente… pas de passager non plus… un autre désert.
Le temps de rééquiper Joli Jumper et Tornado, et nous voilà partis vers notre auberge située dans le vieux Baku ! Facile à trouver avait dit Richard !... mais c’était sans compter que Baku attend son grand prix de Formule 1 et donc toutes les rues du circuit sont barricadées par des blocs de béton, et partout des travaux pour souhaiter la bienvenue aux bolides… … en gros, c’est le bazar !!!  Une fois franchi ce labyrinthe, une dernière épreuve nous attend : nous sommes face à une forteresse médiévale, très bien entretenue, avec une enceinte impénétrable, des petites ruelles, et un dédale d’escaliers. Après avoir tournicoté un peu moins de 2h dans l’enceinte, ouf ! Nous avons enfin trouvé notre auberge au 2ème étage sans ascenseur… pffff … Normalement, plus on monte plus on s’approche du paradis, à l’accueil : personne, et porte close. Nouveau défis : trouver Saint Pierre. Une heure plus tard, « l’ange du sourire » arrive, rien à redire c’est exigüe mais nickel, nous passons au purgatoire : chaussures sur le palier et chaussons blancs obligatoire, elle épie nos faits et gestes, nous suit et essuie derrière nous jusqu’aux toilettes… Nous résisterons 3 jours, avant de migrer…
Dès le lendemain, nous attaquons par les demandes de visas pour l’Ouzbékistan. Commence alors le jeu de piste dans les travaux, les rues sans nom, les buildings sans numéro et les adresses approximatives… Nous quittons les circuits touristiques de la ville, prenons un bus de quartier, et bien aidés par les habitants, 3 h plus tard nous trouvons l’ambassade d’Ouzbékistan. Nous pensons bien obtenir nos visas en quelques heures car nous avons fait les prés enregistrements sur le site internet de l’ambassade … Et non, il faut attendre ! Nous serons prévenus par émail dans la semaine, le délai est de 7 à 10 jours.
Durant cette semaine, invités par Philippe Cirot directeur du Lycée français nous rencontrons les élèves de sixième et ceux de CP/CE1, puis conviés par Gervaise à l’Institut Français nous animons une conversation avec des azéris qui étudient le français… Ça tombe bien, ce sont les semaines de la Francophonie !!!  Au gala de clôture, nous y rencontrons Madame l’Ambassadrice de France. Nous suivrons les élections depuis le bureau de vote à l’Institut.
 
Dépouillement à l'institut Français

Le lundi retour à l’ambassade d’Ouzbékistan (à 6km sur la colline), nos visas sont au même stade… nous devons nous acquitter de la taxe en dollars directement à la banque nationale d’Azerbaïdjan (au centre de la ville) et revenir avec les acquis… chose faite, nous obtenons nos visas dans l’après-midi…
Le lendemain, 10 jours déjà que nous sommes en Azerbaïdjan, il faut s’inscrire auprès des autorités en Azerbaïdjan… le site internet ne répond pas… nous demandons l’aide de Monsieur le Consule qui le fera pour nous. Merci Antoine!
Nouveau challenge : trouver le guichet qui vend les billets pour Aktau, le port et le ferry… la chasse au trésor est lancée ! La météo est très mauvaise, les ferrys restent à quai plusieurs jours… là encore le site internet n’est pas mis à jour, et au guichet l’information change d’une heure à l’autre… Très difficile de savoir si le ferry part du vieux port de Baku, situé 8km au nord, ou du nouveau : Alat situé à 70km au sud. Pour nous çà fait la différence : 2 jours de vélo ! Les billets ne sont vendus que quand le ferry arrive au port, soit environ 10h avant qu’il ne reparte. Par chance, le personnel comprend notre problème et nous trouve une place sur le « MERCURI-1 », ferry cargo qui ne prend que des camions et qui part du vieux port de Baku le 29 avril vers 18h… Ouf !!! Nous partons pour le Kazakhstan !
Au final de l’Azerbaïdjan nous avons vu Baku et le train de nuit qu’heureusement nous avons pris !
 
Mercuri-1 année 1956 dans son jus..!
 
c'est moi le capitaine
 
 
                                

lundi 1 mai 2017

La Géorgie, quel accueil !




Traversée de la Mer Noire de Burgas à Batoumi sur un ferry de fret, qui ne lève l’ancre qu’une fois complet ..! Ici pas de touriste, mais une population de routiers russes, rustres plutôt étonnés de notre présence. Comme nous partageons le même pont et la même cantine, la glace fond rapidement. On étale notre mappemonde, d’où on vient, où on va… et toujours la même réflexion : « you are crazy », et c’est à qui mieux mieux nous propose des itinéraires avec de belles routes avec de beaux paysages…
 
Face à la Mer Noire

Nous quittons le bateau avec des adresses, et des numéros de téléphones en Géorgie… merci à Nikolos géorgien qui nous a beaucoup émus en nous racontant que sa migration en France a été pour lui une véritable renaissance.

Batoumi est un petit port, le ferry est gros : 2 heures pour accoster plus 1 heure avec la douane… Nous voici sur la terre ferme, à la recherche d’un bureau de change pour avoir des Laris… 200m a peine, même pas 5 minutes que nous roulons en Géorgie, nous sommes arrêtés par un jeune homme, heureux de voir des français, à vélo, et après ½ heure de discussion il nous chante à capella une chanson de Charles Aznavour… Bienvenue en GEORGIE !
Dès les premiers kilomètres le ton est donné, entre klaxons, et saluts, quel accueil ! Il nous faudrait 3 mains : 2 pour tenir le guidon, et une pour leur répondre … !  On nous offre souvent un café… Dans les villages comme dans les villes c’est le même accueil. Bien qu’avertis précédemment dans les autres pays, nous sommes agréablement surpris par cette hospitalité.

1er Tchatchat
 
Côté paysage nous sommes tout aussi gâtés : la campagne est magnifique et à l’horizon les montagnes. Des petites routes où il fait bon rouler, et toujours en toute sécurité, accompagnés de vaches et de cochons qui paissent et nettoient les bas-côtés…

 
 
 

Petit ravitaillement avant de quitter Ozurgeti, c’est jour de marché, des regards interrogateurs, amusés, les plus curieux s’approchent et nous interrogent suivis bientôt des plus timides et nous voilà entourés de plus d’une vingtaine de personnes. Les questions fusent (probablement toujours les mêmes), on ne comprend rien… Heureusement, Ann-Maria arrive à notre rescousse, et nous sert d’interprète, les questions arrivaient à la volée, chacun parlant plus fort que son voisin, dans cette quin aphonie difficile de traduire, au vu de son sourire timide et de ses joues rougissantes elle n’a pas osé tout nous traduire… situation qui nous a fortement amusés ! Nous réussissons enfin à repartir et on se dit « la journée commence fort ! »… 


Quel accueil..!


Effectivement la journée fut longue et vallonnée… 70km plus loin, après mainte recherches pour trouver un lieu de bivouac, nous décidons de poser la tente à l’entrée de Dablagomi, Richard dit « dans 5minutes tous les gamins du village vont rappliquer ! »  Affairés à installer notre chez nous, une vieille dame accompagnée d’un petit garçon arrivent nous souhaiter la bienvenue, faisant une accolade à Bernadette comme si c’était des retrouvailles. La nouvelle se repend dans le village comme une traînée de poudre et nous voilà cernés par une dizaine d’enfants, s’essayant à parler anglais, d’une rare politesse, et comme pour nous souhaiter la bienvenue nous offrent chants et danse traditionnelle… Quel bonheur !

L’aventure continue jusqu’à Tbilisi, où nous sommes conviés par l’Institut Français à présenter notre voyage à des jeunes adolescents géorgiens qui nous surprennent par leurs questions pertinentes et leur niveau en français.




Institut Français de Tbilisi
 
 
 
 
                                      


 
                                         

lundi 3 avril 2017

Après la Grèce un passage éclair en Bulgarie.

La Bulgarie est un très joli pays, la campagne y est belle ou l’on peut y deviner l’empreinte de la dictature communiste, cultures à perte de vue et fermes réunies dans un même village (kolkhozes). Malgré leur pauvreté, les Bulgares sont très gentils, et toujours prêts à nous rendre service ! Malheureusement nous n’y faisons qu’un passage éclair ; le temps presse car nous devons arriver en Azerbaïdjan à temps afin de récupérer nos visas pour l’Ouzbékistan.

Nous sommes donc aux confins de l’Europe Orientale à Burgas en Bulgarie, où nous attendons le ferry pour traverser la Mer Noire vers Batumi en Géorgie.  Lors de la réservation des places, les informations données étaient les suivantes : Un seul ferry par semaine avec une précision de plus ou moins 10 heures..! Enfin… ! Quand il sera plein, nous a-t-on dit! L’embarquement prévu le 31 mars entre 5h et 8h du soir pour un départ entre 10h et 12h du soir…  Nous quitterons bien l’Europe pour l’Asie Mineure entre 10h et 12h mais… le 1er avril au matin ! "Petit poisson !"
 
super accueil des marins du ferry..!

Ça va faire bientôt un an que nous pédalons, bon sang déjà… !

Après un an de voyage, l’heure est aux premiers bilans : Depuis que nous avons quitté la France nous ne nous sommes jamais sentis autant en sécurité, tant sur la route, où les voitures et les camions nous doublent avec la plus grande prudence, qu’avec les habitants, toujours souriants, avenants, prêts à rendre service. On nous arrête souvent sur le bord de la route pour nous donner des fruits, et parfois pour nous offrir l’hospitalité. Même en Albanie, où, on nous avait prédit les pires maux, que nous allions nous y faire détrousser..! Nous nous souvenons et nous nous souviendrons longtemps de ces deux gamins Albanais qui nous ont aidés à pousser nos vélos lors d’un passage délicat ! bien loin de la prédiction !
 
9000Km en Europe

Lorsque nous sommes partis de Morlaix, notre première inquiétude était de savoir comment notre couple allait réagir à cette vie de nomadisme.., surtout aussi longtemps et 24/24h! Notre modeste expérience n’excédait pas 3 à 4 semaines de voyage par an ! En fait les seuls moments de friction sont lors de l’écriture et du choix des photos pour le blog, pour le reste on s’y habitue très bien et très vite… tellement bien que maintenant nous savons que chez nous c’est là où nous dormirons le soir..! Et quel plaisir de se réveiller le matin en demandant à l’autre "où est ce qu’on est ?". Chaque jour est une nouvelle aventure, prometteuse de beaux paysages et de belles rencontres !
Parfois, bien sûr, comme en Grèce, là où nous sommes passés, les montagnes ne culminent pas à plus de 800m, mais avec des côtes à 6%, le plus souvent à 10% parfois allant jusqu’à 18%, dans ces moment-là, nous regrettons de ne pas avoir un moteur polluant et bruyant entre les jambes ;o)) !

Chez nous...


Déjà 365 jours! Nous pourrions vous raconter 365 belles histoires..! Nous n’en raconterons qu’une, la première qui nous vient à l’esprit, une parmi les autres...

Dans les fameuses montagnes Grecques (voir plus haut), nous peinions dans l’ascension d’un col, les cuisses nous brulaient, nous ruisselions de sueur, bref on en ch….! Et voilà enfin le col, une magnifique vallée se dessine devant nous… après 2 semaines de montagne n’importe quelle vallée aurait été magnifique ! Une halte s’impose pour prendre une photo, se reposer un peu, sécher la sueur, mettre les coupe-vent avant de dévaler à 40Km/h vers la plaine, quand une voiture s’arrête : un vieux monsieur en descend, la démarche chaloupée et nous demande en anglais,

- Vous êtes allemand ?

- Non, nous sommes Français (en anglais) 

- Haaa … ! François hollande ! L’ami de la Grèce!

Aussitôt il nous prend par les épaules, entonne un sirtaki et… voilà comment nous avons dansé un sirtaki en haut d’un col en plein milieu d’une route… Il comprit très vite que Richard a deux jambes gauches et abdiqua… Il ouvre son coffre de voiture et nous offre « des kilos » de légumes secs : lentilles, haricots, et pois chiche… de quoi aller plus vite dans la descente... Mais Richard (c’est lui qui transporte les légumes) limite les quantités… ! "Retour d’expérience !"
 
Monsieur Sirtaki
 

Tout ce que vous, notre famille et nos amis, avez pu nous dire sur les risques d’un tel projet, vous voilà donc rassurés : chaque jour est une nouvelle tranche de bonheur,  et on en veut encore et encore!
PS: à peine arrivés en Géorgie et déjà des belles rencontres ...

 

 

vendredi 17 mars 2017

La Gréce .... le retour


Après une grippe « costaud » suivie d’une grosse bronchite, nous sommes de retour à Athènes chez nos amis où nous participons à la grande fête du Carnaval !
Une fois les vélos remis en état, nos sacoches alourdies, nous reprenons la route vers Delphi.
Les montagnes, pas très hautes, mais très pentues mesurées au mieux à 10% et au pire à 17%, où les bivouacs sont salvateurs avant Thiva car la reprise est rude.

Bivouac sympa dans une oliveraie

A Livadia, Rouda nous invite à participer à une fête traditionnelle… la nuit fut festive et très courte! Heureusement le lendemain, Rouda nous propose de franchir le col avec son pick-up… On n’ose pas dire "non"… en réalité on saute sur l’occasion: 900m de D+ avec les restes de la nuit (le raki ça vous met le cerveau à l’envers) !
 
Pick-up salvateur ;o))

Après Arahova, au pied du Mont Parnasse, nous descendons vers Delphi (nombril du monde) et découvrons le Temple d’Apollon dans son écrin de montagne, et en contre-bas le sanctuaire d’Athéna.
Amfissa, Lamia, Karditsa, Trikala, Kalampaka… encore de la montagne, nous n’avions pas imaginé un tel relief, des routes aussi pentues… Les rochers des Météores tels des colosses se dressent devant nous sur la plaine, au-dessus comme des nids d’oiseaux… les monastères !


Les Météores

Cap au nord, nous revoilà dans les montagnes, toujours: pffff ! En descendant vers Servia Richard hurle « mon frein arrière vient de pèter ! ». Trop c’est trop ! Depuis le début nous n’avons que des problèmes avec ces freins… A Théssalonique nous les échangerons contre des bons V-Brakes… du fait pour rejoindre Théssalonique nous prendrons un bus.

A Théssalonique le hasard nous mène dans une auberge de jeunesse le "Fix" du nom de la bière fabriquée dans cette ancienne brasserie devenue auberge! (Richard se régalait à l’avance) Lieu insolite comme nous les aimons ! 4 jours riches en rencontre, échange, et ironie: nous sommes interviewés pour une radio irlandaise, par une irlandaise, une espagnole, un macédonien et un turc… nous faisons des progrès en anglais ;o))
Dans une semaine nous quitterons la Grèce… nous nous sommes promis d’y revenir !
 
le " FIX " trop cool